La fonction publique dans la rue, le crédit se resserre
Trois signaux touchent des budgets très différents en ce mardi. D'abord, huit syndicats appellent à une grève nationale dans la fonction publique, avec plus de 150 rassemblements prévus dans le pays. Ensuite, le taux d'usure des crédits immobiliers vient d'être relevé pour le dernier trimestre de l'année. Enfin, le CAC 40 a terminé la séance de lundi quasi stable. Voici ce que ces trois mouvements changent concrètement pour vous, chiffres à l'appui.
Fonction publique : plus de 150 rassemblements aujourd'hui
Huit organisations syndicales (CGT, CFDT, FO, UNSA, FSU, Solidaires, CFE-CGC et FA-FP) appellent à la grève ce mardi 29 septembre 2026 dans les trois versants de la fonction publique : État, territoriale et hospitalière. Plus de 150 rassemblements sont annoncés à travers le pays, avec en première ligne les enseignants, les personnels soignants, les pompiers et les agents des finances publiques. Le mot d'ordre central porte sur le point d'indice, gelé ou quasi gelé depuis de nombreuses années : selon les chiffres relayés par les syndicats, il n'a progressé que d'environ 5% depuis 2017, quand l'inflation cumulée sur la même période dépasse 24%, soit un écart de près de 19 points de pouvoir d'achat. Les organisations réclament un rattrapage salarial immédiat, l'indexation des salaires sur l'inflation et le retour d'une garantie individuelle de pouvoir d'achat.
Ce que ça change pour vous
Six millions d'agents publics sont concernés par l'appel à la grève, mais celle-ci ne se traduit pas par une baisse de salaire proportionnelle pour chaque gréviste : la retenue sur traitement se calcule au trentième indivisible du mois pour une journée non travaillée, quelle que soit l'heure réelle d'arrêt du travail. Si vous êtes usager, attendez-vous à des perturbations ponctuelles dans les écoles, certains guichets administratifs et des services publics locaux, sans qu'un chiffre national précis de fermeture soit encore communiqué.
Immobilier : le taux d'usure grimpe pour la fin d'année
Les nouveaux taux d'usure du quatrième trimestre 2026, applicables du 1er octobre au 31 décembre, viennent d'être publiés : pour les crédits immobiliers d'une durée de 20 ans et plus, la catégorie la plus demandée par les emprunteurs, le plafond passe à 5,40%, contre 5,29% au troisième trimestre, soit une hausse de 0,11 point. Le taux d'usure est le plafond légal maximal que peut facturer une banque pour un crédit donné, assurance emprunteur et frais de dossier inclus dans le calcul du taux annuel effectif global : au-delà de ce seuil, l'octroi du prêt est tout simplement interdit par la loi.
Ce que ça change pour vous
Ce relèvement du plafond donne un peu plus de marge aux banques pour accepter des dossiers jusque-là bloqués par le taux d'usure, en particulier les profils dont l'assurance emprunteur est plus coûteuse : emprunteurs plus âgés, état de santé particulier ou profession à risque. Ce n'est toutefois pas une bonne nouvelle en soi pour le coût du crédit : les taux bancaires eux-mêmes continuent leur propre remontée, autour de 3,5% en moyenne sur 20 ans à la rentrée, bien en dessous du plafond légal mais en hausse constante depuis l'été.
Bourse : le CAC 40 termine quasi stable
L'indice parisien a clôturé la séance de lundi 28 septembre 2026 à 8 078 points, en hausse symbolique de 0,01% sur la journée. La remontée des cours du pétrole et des rendements obligataires, sur fond de tensions au Moyen-Orient, a compensé la prudence des investisseurs : aucune tendance forte ne s'est dégagée sur l'ensemble de la séance, qui s'est jouée à l'équilibre entre plusieurs secteurs.
Ce que ça change pour vous
Si vous détenez un PEA, une assurance vie en unités de compte ou une épargne salariale investie en actions françaises, la valorisation de cette part de votre épargne reste quasiment inchangée sur cette séance précise. Cela reste un rappel utile : la performance d'une seule journée boursière ne présage en rien de l'évolution d'un placement sur le moyen ou long terme.
Ce qu'il faut retenir de la journée
Ces trois actualités racontent une même histoire : votre argent réagit en permanence à des mouvements collectifs ou institutionnels qui échappent à votre contrôle direct, mais dont l'impact, lui, est bien réel et mesurable en euros. La grève d'aujourd'hui dans la fonction publique traduit une inquiétude sur le pouvoir d'achat qui ne date pas d'hier, mais que le décrochage entre inflation et point d'indice rend chaque année plus tangible. Le relèvement du taux d'usure, de son côté, ne change rien au coût réel de votre crédit, mais peut débloquer certains dossiers jusque-là refusés uniquement à cause de ce plafond légal. Et la stabilité du CAC 40 rappelle qu'une place boursière peut aussi, tout simplement, marquer une pause.
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Sources
- Fonction publique : Le Journal de l'Économie, « Grève du 29 septembre : qui est mobilisé et pourquoi ? »
- Immobilier : Moneyvox, « Crédit immobilier : voici les nouveaux taux d'usure à partir du 1er octobre 2026 »
- Bourse : BFM Bourse, « Le CAC 40 termine à l'équilibre »